La Croix du Pech de Bere

« Pech de Bere » signifie « montagne du grand chef ». Bere s’est écrit « ber » et plus anciennement « ver » ce qui traduisait chez les Celtes le symbole de la grandeur. Ce préfixe a marqué, toujours, l’importance d’une personne ou la grandeur d’un lieu.

Au cours de l’été dernier la croix du Pech de Bere est revenue au premier plan de l’actualité. La municipalité de Nicole a, en effet, restauré à ses frais le support métallique et le Christ. Cet évènement, qui a nécessité le démontage et le remontage de l’ensemble, nous a ramené aux instants mémorables des préparatifs et de l’installation de cette croix en 1897 ; instants retracés par l’abbé Thezan curé d’Aiguillon dans un petit livret édité à cette époque, Mgr Cœuvret-Varin étant alors l’évêque.                      

Sollicités fin 1896, M. Amblard et sa famille, propriétaires du château de Lafon et du plateau de Candes qui domine Nicole acceptèrent de céder le terrain nécessaire à l’édification d’une croix. Décision étant prise de l’inaugurer pour le jour de Pâques 1897, il fallait faire vite. Les éléments célestes contrarièrent les premiers travaux (pluies et inondations). Il fallut installer des rails au sol, ainsi que des câbles aériens pour le transport par wagonnet et par benne, des matériaux destinés à l’édification de la route d’accès. Les arrivées successives, en gare d’Aiguillon, du Christ et des éléments métalliques du support provoquèrent, dans la population, une joyeuse excitation et c’est à travers une foule très dense que le chargement fut transporté en charrettes d’Aiguillon à Nicole et par les habitants de Nicole et Pélagat, du bas jusqu’en haut du plateau, à travers les chemins raides ravinés par la pluie. Des arcs de triomphe couverts de fleurs, avaient été érigés dans les avenues, des oriflammes multicolores, des pilastres et des guirlandes placées des deux côtés de la place de l’église. A toutes les fenêtres, flotte le drapeau national ou des écussons. D’Aiguillon au Pech de Bère, des milliers d’oriflammes étaient suspendus.

La difficulté et les péripéties de l’élévation de la croix provoquèrent d’intenses inquiétudes. Il est vrai que, pour une opération de cette envergure, les moyens techniques de l’époque étaient rudimentaires. Il s’agissait là de la plus grande édification d’une croix en France : 21 mètres de hauteur dont 6 mètres de piédestal. Le Christ, à lui seul, pèse 750 kilos ! Mais les échafaudages des charpentiers faits et consolidés résistent et la croix finit par trouver son emplacement la veille du jour de Pâques 1897.

Ce jour-là, la ferveur d’une immense foule, arrivée par toutes sortes de véhicules et par les gares de Nicole et d’Aiguillon, redouble d’intensité.  M. l’abbé Thézan mentionne : « Partout, croix et fleurs, guirlandes et drapeaux ajoutent je ne sais quoi de patriotique et de religieux au pittoresque enchantement du site ».

                                                                                                        J.L.T

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